CRIS  Feuillet 4 - A -

- D -

J'y suis, girouette
C'est ainsi que la terre pète

   Les hommes au pouvoir
   Sont un jour à jeun, un jour à boire

C'est ce qu'il semble
Tant la terre tremble

   Selon l'humeur et l'accueil,
Les fleurs qu'ils effeuillent
   Disent : 'je t'aime un peu, beaucoup
   A la folie, pas du tout.

Selon le pétale et la bile
Il y a sourires ou missiles

   L'un dit : je suis dans mon droit
   L'autre : je fais ce que je veux chez moi.

Qui a tort, qui a raison ?
Rien ne justifie le bombardement des maisons

   La guerre n'est jamais une solution
   La paix est la seule valable passion

Qu'elle soit en conclusion ou en prologue
La paix est l'unique et acceptable drogue

   Anglais, Étasuniens, Irakiens
   Ne lâchez pas vos chiens

Ceux qui vous ont mis au pouvoir
Ne demandent pas le grand soir

   Seulement de la justice et de la solidarité
   Pour que les peuples vivent en amitié

Tuer ne mène à rien
Écouter, s'accepter créent des liens

   Des fleurs de toutes les couleurs
   De toutes les odeurs :
   Un jardin où les enfants jouent sans peur.
         
Airel J'y suis, girouette

- B -

Tours jumelles
Dressées contre le ciel
Trous béants
Les avalant

Pays rebelle
Aux couleurs arc-en-ciel
Terre avaleuse
Se prend pour la grande contrôleuse

Une tour s'effondre
Début de l'immense fronde
Une autre tour disparaît
Sur les orgueilleuses on tire un trait

Pourquoi tant de haine ?
Hurlent les sirènes
Tout remonte à la surface
Boomerang retour en pleine face

Saint Domingue avant hier
Vietnam hier
Aujourd'hui Bagdad, Kaboul
Demain pays africains devenus mabouls

A vouloir être gendarme
On se ramasse les armes
Dans la figure
Au présent, passé, futur

Un aigle plane sur le monde
Il fait sa ronde
Sème terreur et mort
Dit qui a raison ou tort

Ailes déployées, il veille
Croyant faire de l'ombre au soleil
Il pique sur tout ce qui bouge
Il fonce sur tout ce qui est rouge

Aigle fou, dévastateur
Fort, sans cœur
Aigle méprisant, sans intelligence
La vie n'a plus de sens

Par les vents portés
Il pense que jamais ils ne vont tourner
On a beau être cruel et vil
On peut être fragile …

Des milliers d'ailes bruirent
Des millions d'hommes frémirent
Le ciel retint son souffle
L'aigle attaqué, à bout de souffle

Tomba telle une pierre dans l'océan
Moqués par les poissons volants
Aucun rond dans l'eau
Cercueil immédiatement clos

Seulement un immense bruit
Un cri longuement enfoui dans la nuit
Rempli de joie et de liberté libérées
Ivresse d'un bateau trop longtemps amarré

Vie redevenue belle
Tournée vers le ciel
Source naissante
  Et entraînante

                                                     Airel,                                                                               
- C -
I N D E X
SOMMAIRE